BouiBoui- La cuisine créative décomplexée de Myriam Ettahri

BouiBoui, c’est la concrétisation d’une philosophie du manger portée par Myriam Ettahri (révélée en tant que jury par l’émission Masterchef): Celui de manger de la bonne cuisine créative, gourmande, inspirée des valeurs locales mais surtout dans un cadre décomplexé. A l’image de la personnalité de la cheffe. C’est ainsi que Myriam décide de garder une ardoise de tapas qu’elle aime servir au bar. Mais au diable les éternelles tapas qu’on malmène et qu’on sert pour préparer le ventre à la bière, ce sont ici des tapas d’auteur. A commencer par les macarons salés (tomate – olives – chèvre) dont on se rappellera pour avoir adouci des goûts forts et les avoir alliés à une coque sucrée. Sentir la ganache tomate séchée basilic avant même d’y croquer, plonger dans la force de la tapenade mêlée au pamplemousse et finir avec le chèvre noix. Passer au foie gras, et en ramasser le concentré réduit à la sangria avec la brioche. Déconnecter la langue avec la fraîcheur maraîchère des haricots truffés (dont j’encourage l’abus d’huile de truffe). Revenir sur terre avec des boulettes de poulet à l’aioli et à l’huile de chili qui avaient besoin d’être plus relevées. Mais finir avec une bresaola si saline, faite maison adoucie à une huile d’herbes!

Le ton est lancé: On jongle avec pleins de saveurs fortes, et nous avons été un groupe studieux qui a compris qu’il fallait commander de tout. C’es partie avec les entrées: Nem d’araignée, soupe coco et curry rouge, condiment haricot et granny smith. Une entrée fraîche et fruitée, où la soupe gagnerait à être bien plus épicée pour relever la nem. Suite, Ceviche de daurade, patate douce, cerise, compotée de citron, huile d’herbe. Une infime douceur procurée par le mélange cerise – patate douce qui vient caresser les souples cubes de daurade. OUF. Fin: Thon rouge gravelax façon tartare, tamarin, pudding d’avocat. Une façon gourmet de raviver le thon qu’on rencontre de temps à autres dans chez les japonais!

PASSONS. Les plats. Moment de concentration, associations audacieuses, très rares. Surtout lorsqu’on sait que le revers d’une sortie décontractée se lit dans une carte monotone.

Le filet mignon réveille en moi la nostalgie d’avoir créé mon blog après avoir découvert des plats accompagnés de chocolat à Berlin. Celui de Myriam Ettahri n’a rien à leur envier, grâce un jus de cacao – piment doux tellement puissants, relevés par des cacahuètes torréfiés; le tout attendri par de une purée de pomme de terre-maïs. Le confit d’agneau est atypique. C’est un plat fort dont il ne faut pas sous-estimer le jus corsé au Herkouss dont l’odeur peut nous séduire ou pas.  C’est un plat très brut, qu’elle assume.  En bon plat intermédiaire, c’est bien celui aux saint jacques qui allie force et douceur à la fois, par des coquilles saint jacques fraîchement moelleuses rythmées par la croûte d’amandes, mais surtout rehaussés par des sujets maraîchiers assez forts comme de la purée de laitue, des cébettes confites, des câpres frites et du combawa. Le jardin côtoie la mer dans un tel confort de textures! Ce plat était mien et je me suis presque amusée à le manger. A l’échelle de la douceur, nous retrouverons notre poulet ballottine en blanquette truffée, des macaronis au parmesan et à la béchamel servi avec des copeaux de foie gras. Doux voire un peu trop, il manquera d’un quelque chose pour lui donner un rythme, à parfaire en cuisine.

 

Arrive le moment du dessert, sans qu’il n’arrive. Nous aurions tellement voulu goûter aux desserts à la carte, mais un malheureux copain fêtait son anniversaire et nous avons du par conséquent manger son gâteau tiens. Mais joyeux anniversaire, hein Saad! 😉

Bouiboui
25 Rue Zaid bnou Rifaa,Maarif Casablanca, Morocco 20000
05229-94050

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